J’assume – j’assume pas

Témoignage trouvé dans une revue d’une personne ayant fait appel à un coach de vie.

Françoise, 50 ans juge pour enfants (1)
J’ai décidé de prendre un coach

Comme les sportifs, les “ people ”, ou les cadres sup, de plus en plus de « vouzémoi » s’offrent désormais les services d’un coach dans l’espoir de retrouver forme, motivation, et efficacité.

Les coaches seraient même en passe de détrôner les psys auprès d’une clientèle n’ayant ni le temps ou l’envie de s’allonger sur le divan. Françoise a tenté l’aventure.

penserIl y a peu de temps, je me suis sentie dans une impasse. Un mal-être. Sur le plan social, j’avais une position en vue, mais quand vous avez l’habitude d’avoir du pouvoir vous ne comprenez pas pourquoi dans votre vie privée, les choses vous échappent. Dès que je prenais 3 kilos, je me détestais. J’avais le sentiment minant de recommencer tout le temps les mêmes erreurs, comme de me surcharger de travail. Au tribunal, mon service est souvent en sous-effectif, mais je suis incapable d’imposer des corvées à des gens qui ne sont pas volontaires… Au bout d’un moment on s’écroule, parce qu’on s’interdit en prime de se mettre en colère.

Sur le plan privé, avec mon nouveau compagnon, ça me marchait pas fort non plus. Et j’ai eu des problèmes de santé. Des signaux d’alerte. Des chutes. J’ai compris que je ne pouvais plus continuer comme ça. David, un coach, m’a été présenté par ma sœur. Notre rituel est donc le suivant : quatre entretiens mensuels, dont trois au téléphone, et un de visu, chez moi ou dans mon bureau. Et on discute. Un vrai nettoyage mental pour partir sur de nouvelles bases. Il m’a fait mon “ ennéagramme ” pour repérer ma problématique. Le diagnostic ? Je suis une « hyperperfectionniste », le genre à voler en permanence au secours du monde. J’ai perdu ma mère à 18 ans, puis mon père, complètement dépressif… Mon monde s’est alors écroulé. J’étais l’aînée de la famille Et j’ai dû remplacer ma mère. Comme j’avais fait ma crise d’indépendance juste avant, J’ai vécu la disparition de ma mère comme une punition pour ma conduite. Donc plus jamais d’indépendance…Trop dangereux ! Je suis devenue une dépendante affective, condamnée à réussir. Tout le monde compte sur moi. Enfermée dans ce rôle, J’ai reproduis ce schéma plusieurs fois, y compris avec mon nouveau compagnon. Grâce à mon coach, j’ai appris à m’occuper de moi, à me cocooner, à me pardonner, à m’aimer davantage, à savoir qui je suis, en dehors de mon rôle de juge.

Maintenant, au lieu d’accuser les autres de mes difficultés, je regarde ce que j’ai fait moi pour les provoquer. Mon travail bénéficie aussi de mon changement : en tant que juge, je vois en permanence des gens qui se fourrent dans le pétrin et qui en rendent responsable la terre entière. Or on a quand même une part de liberté. C’est ce que j’essaie de faire comprendre aux jeunes qui n’arrêtent pas de déconner et que je vois défiler dans mon bureau : Je leur demande “ C’est vraiment ça que tu veux ? ” Au début, mon coach m’a dit qu’il me trouvait formidable. Qu’il y avait finalement peu de choses à changer chez moi. Ca m’a fait un de ces biens !

(1 ) « Françoise » ayant une obligation de réserve, nous avons changé son prénom et omis volontairement d’indiquer où elle travaille. CG


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