La structuration du temps

Le temps est une préoccupation qui revient de façon récurrente dans de nombreuses conversations.
Combien de fois avez-vous dit ou entendu : « Je voudrais bien faire cela mais je n’ai pas le temps »…
Nous avons, au regard de l’Analyse Transactionnel, sept manières différentes d’utiliser notre temps : le sommeil, l’activité, le passe-temps, le rituel, les jeux, l’intimité, le retrait.

  1. Le sommeil :

Fotolia_15492829_SOui, chacun d’entre nous vit le conte de La Belle Au Bois Dormant. 
A raison de sept à huit heures de sommeil en moyenne et avec une espérance de vie actuelle de 76 ans pour les femmes, un peu moins pour les hommes, cela fait plus de 25 ans.En dehors de toute pathologie, les « courts dormeurs » dorment environ 5 heures par nuit, les « longs » dormeurs », environ 10 heures.
 Ne croyez pas que nous ne faisons rien lorsque nous dormons, tout d’abord nous rêvons une partie du temps. Le rêve est une sorte de dialogue interne codé. C’est notre inconscient profond qui s’exprime. Nos rêves dits scénariques se déroulent pendant le sommeil paradoxal au cours duquel notre cerveau est en suractivité comme à l’état de veille alors que notre corps est atonique.  Nous communiquons avec nous-même en quelque sorte. L’autre type de sommeil est le sommeil lent au cours duquel les rêves sont moins scénarisés. Pendant ce sommeil, notre organisme fait le plein d’énergie, nous « récupérons ».
Le sommeil est important pour notre équilibre, si vous devez gagner du temps, ce n’est pas sur celui-là qu’il faut prendre, à moins que vous ne remplaciez beaucoup de temps de sommeil de mauvaise qualité, par un peu moins de sommeil de bonne qualité et bien placé…
  1. Le retrait :

Fotolia_49353244_XSTout comme il existe des « micro-sommeils », il existe des « micro-retraites », c’est le retrait. C’est un moment où nous nous mettons en marge, une période d’isolement personnel où nous ne faisons rien… en apparence. En réalité, c’est une manière de nous ressourcer.         Ce retrait est donc utile; évidemment, s’il venait à devenir hégémonique sur les autres manières d’occuper notre temps, il faudrait y réfléchir : s’agit-il d’une fuite ? 
En dehors des situations d’exception, c’est une opportunité de communiquer avec soi-même. Le retrait est donc de ne rien faire et pour se consacrer à … soi-même.
  1. Le rituel :

Pensive man over black background. Black&white.Nous avons en réserve dans nos tiroirs de nombreuses phrases ou comportements quasi-automatiques que nous faisons sans réfléchir. Ils nous simplifient bien souvent la vie. Toutes ces habitudes meublent notre vie et  nous n’y faisons même plus attention. Les formules  de politesse en font partie: le « Bonjour comment çà va? » est bien plus souvent un rituel qu’une vraie question; d’ailleurs, nombre de personnes n’y répondent même pas, si ce n’est en renvoyant la « question-rituelle »: « Et toi? »
Les rituels permettent de façon simple d’établir le contact. C’est une sorte d’amorce à une communication plus complète. Ils sont donc bienvenus.
  1. Le passe-temps :

fotolia_602684Le passe-temps est différent de ce que l’on appelle communément le hobby ou les loisirs que nous aborderons dans les activités. Le passe-temps est une manière de parler de choses et d’autres avec une ou plusieurs personnes sur des sujets qui n’engagent à rien, du moins pour des personnes dans le cadre du passe-temps.
La bourse, les voitures, la télé, la météo, les scandales politico-financiers. 
Ces conversations « qui ne mangent pas de pain » permettent comme les rituels de lancer des conversations où d’occuper « à peu de frais » une soirée. 
Grâce à l’activité passe-temps, on s’autorise à donner son avis sur tout en ne s’engageant sur rien.
Les conversations de passe-temps n’ont ni trame, ni canevas, et s’enchaînent sans trop de logique, ce qui nous conduit à nous demander parfois comment nous en sommes arrivés là dans la conversation. Comme précédemment, le passe-temps est une bonne chose, il permet entre autre de créer des liens à peu de frais. Attention s’il occupe tout le territoire! car au delà du prix du beurre et de la météo, il y a une vie.
  1. L’activité :

Fotolia_4963043_SLa notion d’activité est à prendre au sens large et donc pas seulement sous l’aspect restrictif de l’activité professionnelle. 
Lors de l’activité, les transactions sont de type adulte-adulte orienté vers la réalité extérieure, à savoir, l’objet de l’activité (Éric Berne).Quelle est la différence entre un jardinier professionnel et un jardinier amateur si ce n’est la rémunération et (mais pas toujours) le niveau de compétence ? Les deux lorsqu’ils jardinent, sont en activité.
L’activité englobe donc les activités de loisirs, professionnelles, bénévoles, sportives… 
Ainsi, une activité peut changer de statut: de loisir (collectionneurs), elle peut devenir professionnelle (commerçant, expert…). Si dans le retrait on ne fait rien d’important; dans le rituel on fait de façon automatique; dans le passe-temps on fait sans importance; dans l’activité on fait tout simplement.
  1. Le jeu psychologique :

Pensive man over black background. Black&white.Le jeu psychologique est une sorte de pièce de théâtre où, chacun à un moment, donné a un rôle particulier. 
Indépendamment de l’âge et du statut de la personne, on peut « jouer » à être parent critique ou parent nourricier, adulte ou enfant (libre ou adapté) cf. lettre du mois de janvier où les états du moi dans le site.Outre le fait que c’est une relation biaisée, elle implique plusieurs personnes acceptant de jouer des rôles complémentaires. 
Pour « jouer » à la victime, il faut un « persécuteur », et si un « sauveur » est aux alentours, tout est parfait ! 
Les rôles joués par les uns et les autres sont changeants: telle personne en position victime peut très bien quelques instants plus tard se retrouver en position persécuteur. 
Ce qui caractérise le jeu  est le bénéfice négatif. Dans un jeu, les acteurs jouent une relation perdant perdant.Mme vient de casser une tasse:
Mr: tu aurais pu faire attention (persécuteur).
Mme: Oui je sais, à t’entendre, je ne suis bonne à rien! (victime).
La fille: C’est pas dramatique, ça arrive à tout le monde (sauveur).
Mme à monsieur: Vu ta participation, ça ne risque pas de t’arriver! (persécuteur)
Le père: ça y est, c’est de ma faute maintenant! (victime)….ETC
  1. L’intimité :

image878L’intimité est un moment particulier où se produit un échange avec soi-même, avec la personne présente, sans calcul, sans jeu, sans arrière-pensée.Il s’agit d’un moment de sincérité. L’ouverture est complète sans barrière de protection, car à ce moment privilégié qu’est l’intimité, la sensation de sécurité domine et permet du coup de se livrer sereinement et de recevoir avec la même tranquillité.
 L’intimité est parfois un instant très simple où assis le soir dans le salon, vous regardez votre fille qui s’est endormie près de vous. C’est aussi un moment où vous écoutez votre enfant vous parler de son premier amour. C’est un moment où vous êtes avec la femme ou l’homme que vous aimez et où vous avez l’impression d’être dans une bulle et qu’en dehors rien n’existe. l’intimité, c’est ce que vivait Victor Hugo lorsqu’il dit :
« Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin »…

bas-de-page-site