Les positions de vie

L’analyse transactionnelle distingue quatre « positions de vie » en fonction de la façon dont les acteurs apprécient positivement ou négativement leur interlocuteur et eux-mêmes:

i64571585._szw1280h1280_Parmi les instruments que propose l’Analyse Transactionnelle,  la notion de position de vie est à coup sûr l’une des plus riches. II importe cependant pour en tirer le meilleur parti, de bien comprendre sa logique interne et de moduler son application selon les domaines abordés.   Suivant les expériences, surtout l’entourage familial du jeune enfant qui a plus ou moins bien répondu aux besoins et aux émotions de l’enfant Spontané, chaque individu a adopté assez  rapidement (avant 7 ans) une des 4 positions de vie. Cette position de vie influence ensuite la manière dont un individu pense, agit et entre en relation avec les autres. Elle détermine en particulier un certain fonctionnement de ses états du moi, la façon dont il continue à satisfaire ses besoins relationnels, le type d’échange qu’il établit avec son environnement, l’utilisation qu’il fait de ses émotions, etc. Nous pouvons distinguer 4 positions de vie principales, c’est-à-dire 4 façons de voir les relations entre soi-même et autrui, ou autre chose (relation de soi à son travail, ou à un produit par exemple). Chacun des deux pôles de la relation peut être perçu positivement ( + ), ou négativement ( – ), d’où quatre combinaisons qui constituent les quatre positions de vie. Frank Ernst a proposé de les représenter sous la forme d’un tableau carré appelé le « OK Corral ». « La formulation anglo-saxonne des positions de vie étant (OK+ / OK+), (OK+ / OK-), (OK- / OK+), (OK- / OK-) ». La notion de « position de vie », comme les autres concepts de l’Analyse transactionnelle, constitue un outil, un instrument de pensée, et ne prétend pas décrire une vérité. Elle se justifie par son utilité comme modèle d’interprétation et d’action sur la réalité. Il est donc intéressant de supposer que la plupart des gens ne sont pas fixés dans une seule position mais ont une position dominante qu’ils quittent en fonction des situations, des personnes concernées ou du degré d’urgence. Par exemple, un employé de bureau pourra, au travail position – +, s’estimant peu compétent alors qu’il admire sont patron auquel il se soumet. En revanche, rentrant chez lui. il pourra compenser la dévalorisation qu’il subit dans son travail en tyrannisant sa femme et ses enfants en leur dictant ce qu’ils doivent faire… : position +-

  1. (JE -) & (TU +) = FUITE 

Cette représentation produit des attitudes de dévalorisation de soi-même, d’effacement et de surestimation de l’autre. Pour être aimé, il faut être gentil et ne pas s’opposer à l’autre.  Dans ce système tout sera fait pour éviter une tension qu’on ne supporte pas parce quelle réveille des émotions qui inhibent ses moyens.

Émotion dominante: la peur

C’est une solution d’effacement et de complaisance : ici, la personne cherche avant tout à être aimée par les autres (« Je serais + + si seulement… »). Elle se soumet aux autres et dépend d’eux.

Son affection n’est pas gratuite. Elle cultive et exagère son sentiment d’impuissance et sa souffrance et se présente en victime.

Elle se sent coupable, inférieure, méprisable, dépressive, suicidaire, stupide, rejetée.

Elle ne s’aime pas elle-même et se satisfait de peu : le salut vient des autres : « il faut avoir foi en la bonté d’autrui ».

Elle a aussi de l’admiration pour la fierté et l’agressivité chez les autres, a beaucoup besoin d’aide et ces besoins deviennent des demandes. Elle a aussi un fort besoin de se faire remarquer, et croit qu’on se sert d’elle.

Elle ne supporte pas d’être seule et interprète les positions de vie en terme d’amour.

Faible, elle tombe souvent dans la sensiblerie.

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  1. (JE -) & (TU -) = RÉSIGNATION 

L’attitude fondamentale est: « à quoi bon? ».  Dans ce cas, on n’est peu acteur, car on se place en position de spectateur, contemplant avec complaisance l’incapacité des autres et de soi-même.

Émotion dominant : la tristesse

La solution de résignation. Cette personne se met en position de spectateur de soi-même et de la vie afin que rien ne l’approche ou ne la touche.

Souvent en retrait et désintéressée, elle est complaisante à l’égard de ses propres faiblesses, elle remet ses obligations au lendemain ou bien les oublie.

Cette personne préfère ne rien demander plutôt que d’essuyer un refus : aversion au changement, boit et mange trop, incapable d’être heureuse, elle est distante et suicidaire.

Elle évite les inconvénients de son hypersensibilité en ne s’engageant jamais, elle est improductive, destructrice et autodestructrice.

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  1. (JE +) & (TU -) = DOMINATION

L’association d’une survalorisation de soi-même et d’une dévalorisation de l’autre, se traduit par une attitude de recherche de pouvoirs, volontiers agressive, et peu préoccupée de la sensibilité de l’autre considéré comme un instrument peu fiable au service de mon projet.

Émotion dominante : la colère

Cette solution est celle de l’expansion et de domination.

La personne s’identifie à ce qui est grandiose et glorieux.

Elle cherche l’originalité, la perfection et/ou la revanche.

Elle est d’une susceptibilité excessive à la critique, elle est agressive et batailleuse.

Elle ne peut supporter d’être sans aucune valeur, en faute, ou encore sans défense.

Elle manque de considération pour les autres : les dévalorise ou ne leur fait pas confiance. Elle interprète les positions de vie en termes de pouvoir, Elle est forte et dynamique, mais manque de sensibilité.

Elle se présente en persécutrice ou sauveteuse.

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  1. (JE +) & (TU +) = COLLABORATION DYNAMIQUE 

Rien dans cette attitude n’est dévalorisé, ni moi, ni l’autre, ni la relation que nous avons, fut-elle d’opposition. Les conflits eux-mêmes sont abordés comme des occasions de progresser.  Les émotions se manifestent sans inhibition.

Emotion dominante: la joie

Celle-ci est la solution la plus constructive : dans cette position, la personne prend conscience de ses propres responsabilités, agit de façon réaliste et constructive.

Elle a confiance en ses propres capacités. Elle vit des sentiments d’amitié, d’unité, de force, d’accord avec elle-même et avec la vie.

Elle tend à la réalisation et l’actualisation de son potentiel ; elle veut vivre profondément à tous les niveaux (sensations. émotions, idées, valeurs). Elle est honnête avec elle-même, active et productive.

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Une bonne façon de visualiser la chose est de considérer la personne à un instant donné comme une surface découpée sur les axes (tu/je) du cadran des positions de vie.

Certaines écoles rangent les positions de vie dans trois catégories différentes :

(Psychologique, sociale/institutionnelle et existentielle)

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La catégorie psychologique étant la façon de se percevoir et de percevoir l’autre. C’est l’image que l’on a de nous même. La catégorie sociale/institutionnelle étant la façon de se percevoir au sein d’un groupe, d’un travail, d’une famille, d’une association etc.…et de percevoir notre entourage social.

La catégorie existentielle étant le sens que l’on donne à notre vie, le regard que l’on pose sur la vie.

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