Coaching et spiritualité

« Passer de l’opinion à la perception, de l’imagination au fait, de l’illusion à la réalité, de ce qui n’est pas à ce qui est, voilà le cheminement !!! »    [Swami Prajnanpad]

Pourquoi cette page ?

Il me semblait important de traiter du sujet de la spiritualité dans le milieu de « Life-Coaching »

Nous trouvons de plus en plus de coachs en cheminement spirituel, coachs existentiel, coach holistique, coach d’éveil, coach énergéticien, chacun avec des approches, des écoles, des démarches qui leurs sont propre.

De la loi d’attraction au transurfing, du bouddhisme à la kabbale, du rééquilibrage des chakras à la Théosophie, il y a bien souvent un mélange des genres assez douteux à mon gout.

Bien souvent, ils se proposent de vous apporter un soutien efficace qui vous permettra de trouver le sens de votre vie sur terre mais parfois bien plus, certains n’hésitant pas à vous proposer l’Éveil. Ils se reposent sur des croyances, des expériences, des écoles qui leurs sont personnelles, mais qui à mon sens ne rentrent pas dans une démarche de coaching.

Certes, il est indispensable pour un coach d’avoir fait un cheminement personnel et d’avoir cherché à répondre à des questions existentielles, car dans le « life-coaching », il n’est pas rare d’être confronté à des personnes faisant face à une crise existentielle.

Souvent, des événements tragiques comme la mort d’un être cher, une maladie grave, la perte d’une carrière, contribuent à affaiblir la carapace de notre identité.

Car finalement, c’est bien la perte de nos illusions qui nous conduit à rechercher la vérité.

  • Qui ne c’est jamais posé des questions sur le sens de sa présence sur terre ?

Mais l’accompagnement life-coaching doit reposer sur des critères objectifs, sur la réalité tangible de la vie comme de l’Esprit. Les croyances dogmatiques comme les outils métaphysiques n’ont selon moi, pas leurs places dans le coaching.

Si les gourous, les prêtes, les rabbins, les imams, les maîtres spirituels, les alchimistes peuvent vous guider dans le monde nouménal, le « Life-coaching » s’inscrit dans le monde phénoménal.

Il est indéniable que le manque de « sens » est source de souffrance et de crises existentielles. Le psychiatre Viktor Frankl parlait déjà, à son époque de névroses noogénes. Cependant, quand un reporter de Time Magazine lui demandait si l’on en viendrait tôt ou tard à une religion universelle, Viktor Frankl répondit : « Au contraire, nous allons bien plutôt vers une religion personnelle, vers une religiosité plus profondément personnalisée, une religion à partir de laquelle chacun trouvera son propre langage, sa langue la plus intime quand il s’adresse à Dieu ».

Les temps ne sont plus à l’adoration des héros, des demi-dieux, des maîtres, ni à la recherche de quelques secrets cachés, mais à la reconnaissance de notre liberté spirituelle souveraine, à l’aventure libre enfin de la conscience et de la joie.

·         Alors de quoi parle t’on ?

Toucher l’infini en nous-même, mourir à soi-même, se séparer de soi pour mieux revenir, la dissolution du Moi, la mutation de la conscience,  le lâcher-prise des attachements et des croyances, la réalisation de sa nature véritable, l’Eveil, le nirvana, le satori….De quoi parle t’on ?

Cette aventure est d’autant plus impérative que les formes nouvelles du spirituel restent enfermées dans des recherches de « toujours plus », qui ne sont que le désir d’un super-ego, avec toujours un manque essentiel.

Il s’agit de démystifier la quête essentielle. Il s’agit de se libérer de la fascination pour les magies de puissance. Il s’agit de ne plus se laisser hypnotiser par l’appel du merveilleux.

Il s’agit de voir tous ces pièges qui droguent les consciences humaines, maintenant le chercheur spirituel dans un infantilisme sclérosant.

Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, on ne parle pas d’un état spécial de la conscience, mais plutôt d’un retour à l’état original et naturel de l’esprit humain. C’est vivre dans présent avec une vision d’unité et connecté à l’ordre universel.

Les êtres humains ont perdu, par identification au mental, cette condition originelle de la conscience, ce qui a eu pour résultat de nous rendre compliqués et insatisfaits.

Vivre dans cette compréhension, c’est comme habiter un espace intérieur profondément ancré dans la présence et qui n’est majoritairement plus enfermé dans la pensée et les émotions.

Cet espace est beaucoup plus vaste, beaucoup plus libre des phénomènes et infiniment tranquille.

Cet espace, c’est une plénitude de conscience, impersonnelle dans sa nature et omni-présente dans sa permanence.

Cet espace, que j’appelle conscience, c’est à la fois la vacuité de l’existence et le souffle de la vie, c’est le « moi » qui expérimente l’incarnation et c’est le monde en même temps.

C’est un vide plein de paix, c’est la substance même de l’univers.

·         Les parallèle avec les thérapies

Ces affirmations n’ont rien de farfelus, des études cliniques faites sur la pratique de la thérapie d’acceptation et d’engagement ont démontrées des résultats plus qu’encourageant.

Se désidentifier du mental comme nous le propose certaines spiritualités est une approche bien connue dans certaines thérapies, cette démarche est appelée : La défusion cognitive.

Les parallèles ne s’arrêtent pas là, lorsque l’on étudie l’enseignements du néo-advaita vu par Ramesh Balsekar où l’homme est vu comme un organisme (corps/mental) dans lequel se manifeste la vie nous retrouvons l’approche ou concept du « Le soi contexte versus le soi concept » de cette approche thérapeutique.

La méditation est elle aussi présente dans de nombreuses écoles spirituelles et les études sur cette pratique dans les milieux thérapeutiques et notamment sur « la mindfulness » ne sont plus à démontrer.

Nous avons donc là, 3 pratiques spirituelles ayant démontrées leurs efficacités en thérapeutique.

·         La logothérapie:

appelons que pour Viktor Emil Frankl, professeur autrichien de neurologie et de psychiatrie, créateur d’une nouvelle thérapie qu’il a baptisée logothérapie et rescapé des camps de concentration, être « humain », c’est avant tout « être responsable ». Cette responsabilité renvoie au besoin de « sens » et à l’autonomie de l’existence spirituelle de la personne.

Sa vision d’une démarche thérapeutique centrée sur le sens nous permet d’échapper au « matérialisme » et au « réductionnisme » de la conception freudienne de l’homme. Et de mieux comprendre l’origine probable de nombre de dépressions, des différentes formes de violence et de la plupart des conduites addictives. Même « le suicidaire croit à un sens », en creux par rapport au non-sens de sa vie, en plein par son geste dernier qui est d’une certaine façon une affirmation de soi.

Un « inconscient spirituel »

À la conception mécaniste et technicienne de la psychanalyse freudienne (les pulsions, le ça, etc.), Frankl oppose une vision « existentielle », éthique, centrée sur l’existence d’un « inconscient spirituel », dimension également cachée à la conscience. C’est ce qu’il appelle le « Dieu inconscient », dont les signes cliniques, en quelque sorte, sont le « dilemme moral » et le sentiment de « transcendance ».

La conscience morale n’est pas réduite, comme chez Freud, à l’expression d’une instance répressive du moi, une sorte de gendarme limitant nos désirs. Elle est bien plutôt « porte-parole de quelque chose d’autre, voix de la transcendance ». Cette « religiosité » n’est pas le modèle même de l’illusion, comme l’affirmait Freud. Elle structure la psyché de tout être humain et son refoulement « est un facteur majeur de souffrance psychique ».

La liberté : écouter sa conscience ou l’ignorer

Mais la religiosité dont parle Frankl n’est pas l’adhésion à telle ou telle religion, à tel ou tel corpus de foi. Il s’agit d’un sens interne strictement personnel, une indication de la conscience toujours en rapport avec une situation concrète. Pour lui, l’homme irréligieux n’est pas l’athée mais « tout simplement celui qui méconnaît [la] transcendance de la conscience ». Et, « ce que vous dit la conscience [étant] clair et sans ambiguïté », la liberté de l’homme consiste simplement, uniquement à choisir entre deux possibilités : écouter sa conscience ou faire fi de ses avertissements ».

Alors oui, le « Life-coach » peut accompagner son client dans un cheminement de compréhension de l’existence, de transcendance de la conscience lui permettant de développer une plus grande flexibilité psychologique et d’ouvrir en lui un espace d’accueil et d’acceptation de son vécu ainsi qu’un regard plus juste sur la vie.

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