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La roue des permissions

La roue des permissions, créée par Gysa Jaoui dans les années 80, consiste en un schéma circulaire montrant l’étendue plus ou moins grande des permissions dont chacun jouit dans différents domaines de la vie.

Comment marche la roue des permissions ?

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Parmi nos concepts permettant de comprendre le scénario de vie, les injonctions occupent une place centrale. La liste proposée par les Goulding [1][1] GOULDING, R.L. et GOULDING, M.E., Messages inhibiteurs,…, puis enrichie par différents auteurs [2][2] ALLEN, J.R., et ALLEN, B.A., Scénarios, le rôle de… nous offre un résumé des restrictions que rencontre la personne dans sa vie. Lors de discussion entre transactionnalistes, décrire les injonctions les plus fortes dont souffre un sujet nous permet d’imaginer ses principales problématiques.

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Ce concept peut toutefois s’avérer plutôt encombrant quand on le voit en termes binaires, « noir/blanc », comme une chose qu’on « aurait » ou non. Il devient, alors, une définition ou description fermée, fixée, stérilisante du fonctionnement d’une personne, qu’elle peut utiliser pour justifier l’exclusion de toutes possibilités. La passivité peut résulter de cette sorte de pensée « Jambe de Bois » : « Comment pouvez-vous attendre de moi que je fasse ceci, avec mon Injonction « Ne Réussis pas » ? »

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Jaoui préférait adopter une vision relative du phénomène. Plutôt que « d’avoir » une injonction, on est plus ou moins affecté par elle. Pour faire saisir immédiatement le problème, elle offrait l’exemple de « N’existe pas » : si un client « avait » vraiment l’injonction « N’existe pas », il ne vivrait pas assez longtemps pour arriver à notre cabinet ! La plupart d’entre nous avons déjà, sans doute, cette conception, puisque nous décrivons quelqu’un non pas comme ayant une injonction « Ne fais pas confiance », mais ayant plutôt « Beaucoup de Ne fais pas confiance ». On peut donc postuler que les injonctions ne fonctionnent quasiment jamais comme des interdits absolus, mais plutôt comme des inhibitions relatives.

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Jaoui aimait aussi regarder l’aspect positif des situations. Aussi, plutôt que de se demander à quel point la personne est affectée par une injonction donnée, elle préférait évaluer le degré de permission dont elle dispose dans le domaine correspondant [3][3] JAOUI, G., Les permissions et injonctions, dans : Le…. Pour reprendre l’exemple ci-dessus, cela donnerait : « elle n’a pas beaucoup de permission de faire confiance ». Woollams [4][4] WOOLLAMS, S. J., Guérir !?, A.A.T., 16, 1980, pp. 160-162…. propose une vision similaire avec son échelle de décision, montrant un continuum depuis l’injonction totale jusqu’à la permission totale. Cependant, l’échelle de Woollams se réfère surtout à la quantité de stress que l’on pourra supporter tout en conservant sa décision positive, alors que celle de Jaoui peut servir à prendre en compte des facteurs différents. Par exemple, si quelqu’un a acquis « davantage de permission de faire confiance », cela peut indiquer qu’elle supporte plus de stress avant de revenir à sa vieille défense de méfiance, ou bien qu’elle fait confiance plus profondément, à plus de gens, dans des circonstances plus variées.

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Par souci de simplicité, nous ne différencierons pas ici les conséquences des injonctions, des contre-injonctions, des décisions scénariques dues ou non à un trauma, ou une vulnérabilité génétique. La roue montre la résultante de toutes ces influences, sous forme de zone de permission plus ou moins grande.

Comment se présente la roue des permissions ?

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La roue des permissions consiste en une série de dix cercles concentriques, dont chacun représente une « portion » de 10% de permission : le premier cercle représente 10% de permission, le deuxième 20%, le troisième 30%, et ainsi de suite jusqu’à 100% (fig.1). Cet ensemble de cercles est à son tour découpé en quatre quadrants, eux-mêmes subdivisés en portions correspondant aux différentes permissions. Pour représenter le degré de permission dont on dispose dans un domaine donné, on hachure une plus ou moins grande partie du segment correspondant.

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Si l’on s’imagine debout au centre de la roue, on pourrait regarder devant soi et voir jusqu’où porte notre permission : jusqu’à l’horizon ? (permission ouverte). Ou bien le mur de l’interdit se dresse-t-il en face de nous, plus ou moins près, limitant notre liberté ? En pivotant, on voit la place dont on dispose pour la permission suivante, et ainsi de suite sur 360°. L’espace ainsi défini délimite notre « enclos scénarique », comme aimait à l’appeler Jaoui (à rapprocher du « parc » ou « carré de jeux » décrit par les Goulding [5][5] GOULDING, art. cité (n. 1).). A l’intérieur, on est peut-être à l’étroit, mais en sécurité ; au-delà c’est l’inconnu, l’interdit – c’est « la zone aux lions », disait-elle. On y risque d’être rejeté, banni, jugé, d’avoir honte, d’être coupable, de perdre l’amour… ou simplement de se confronter à l’inconnu. Plus notre enclos est grand, plus nous bénéficions d’un scénario souple. Plus il est petit, plus le scénario est limitant.

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Pour Jaoui [6][6] JAOUI, G., Les permissions en A.T., séminaire de Gysa…, ces messages pouvaient être regroupés en quatre familles (les quadrants du diagramme), relatifs à la façon dont la personne est en relation avec :

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Ses sentiments : dans quelle mesure peut-elle reconnaître, et exprimer librement, de manière appropriée et efficacement, ses émotions (ici ce sont quatre émotions primaires que l’on examine, la joie, la colère, la peur, la tristesse). Le score est de 100% si elle se sent autorisé à les exprimer ouvertement dans ses relations, et qu’elles ont un impact sur l’autre. Les restrictions les plus courantes sont : ne pouvoir montrer ses émotions qu’en présence de personnes bien choisies, ou ne pouvoir les vivre que dans la solitude. Au plus bas niveau de permission dans le diagramme, la personne ne reconnaît pas ce qu’elle ressent, ou n’a pas conscience de ressentir quoi que ce soit.

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Soi-même : ce quadrant porte sur notre permission d’être, d’exister, tout d’abord, puis d’être en bonne santé (physique et mentale), d’être de son propre sexe, d’être soi-même (au sens de savoir ce qu’on aime, ce qu’on veut, d’accomplir sa propre destinée, telle que la décrit Bollas [7][7] BOLLAS, C., Les forces de la destinée (orig. 1989),…, et d’avoir du plaisir, sans lequel nous ne sommes pas vraiment vivants.

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Les autres : ce secteur concerne nos relations à autrui, à quel point nous pouvons faire confiance (judicieusement), appartenir ou faire partie d’un groupe plus ou moins important (notre famille, notre pays, un parti politique, un syndicat professionnel, etc.), être proche d’autrui et nous laisser voir et connaître nous-mêmes en profondeur, et enfin être un enfant (nous fier à l’autre, le laisser prendre soin de nous si besoin est, avoir conscience de nos besoins…).

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Le monde : ce quadrant traite essentiellement de notre capacité à avoir un impact sur notre environnement, d’abord en grandissant de façon appropriée pour devenir adulte, en sachant ce qui se passe au lieu de rester aveugle à la signification véritable des situations [8][8] JAOUI, G. (1980), La treizième injonction, art. cité…, en pensant clairement, et en nous autorisant à réussir dans ce que nous entreprenons (dans la vie professionnelle et personnelle).

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Pour chaque permission, client et thérapeute évaluent ensemble la surface proportionnelle accessible à la personne ; cette évaluation peut aussi être faite par le thérapeute au cours d’une séance de supervision, ou encore par le thérapeute s’interrogeant lui-même. Plutôt que d’étudier abstraitement chacune des permissions, voyons en une illustration grâce à une étude de cas.

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La figure 2 montre la roue des permissions de Marie. En sombre apparaît son niveau de permission au début de sa psychothérapie, en clair les avancées obtenues après nos années de travail.

Des types de profils

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Bien qu’on ne puisse pas faire correspondre une vraie personne à un profil stéréotypé, différents types de personnalité ont tendance à s’accompagner de permissions élevées ou restreintes caractéristiques. La démarche la plus intéressante est sans doute celle qui consiste à remplir la roue des permissions d’une personne, pour ensuite réfléchir à un diagnostic, plutôt que de réfléchir à partir d’un schéma préétabli auquel il faudrait que la personne corresponde. Les tendances ci-dessous ne constituent donc que des tendances générales, qui se vérifieront plus ou moins selon les cas.

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Les personnes à tendances paranoïaques ont des scores très bas dans le quadrant « moi et les autres ». Elles ne font guère confiance (ou à une seule personne, généralement surveillée de près !). Leurs soupçons les empêchent souvent de se sentir vraiment « faire partie » de quoi que ce soit, bien que certaines parviennent tout de même à s’identifier à un groupe (famille, religion, nation, profession). Etre proche leur est très difficile (même avec les proches, leurs sentiments et leur vulnérabilité restent généralement cachés – éventuellement à elle-même aussi – il y a peu de partage et d’écoute). Enfin, être un enfant est vu comme extrêmement dangereux, aussi cette position est-elle abandonnée le plus tôt possible dans la vie. Le quadrant « moi et mes sentiments » est généralement assez réduit lui aussi, sauf peut-être pour la colère, qui sert même souvent de sentiment-parasite se substituant à la peur. Marie représente un exemple a minima d’un tel profil.

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Les structures obsessionnelles ressemblent un peu aux précédentes, avec pour dominante le quadrant « moi et le monde », le plus restreint étant « moi et mes émotions ».

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Les personnalités schizoïdes ont très peu de permission de montrer et même de ressentir leurs émotions, malgré une quantité souvent importante de peur cachée, fréquemment inconsciente. Leur quadrant « moi et les autres » est lui aussi réduit, les deux autres quadrants sont un peu plus grands (cette adaptation de personnalité entraîne généralement des limitations scénariques importantes, leur « enclos » est donc peu spacieux).

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Les personnalités narcissiques et psychopathiques présentent également des permissions basses dans le quadrant « moi et les autres », car elles vivent comme dangereux d’être vulnérable et dépendant d’une quelconque manière.

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Inversement, les personnalités hystériques ont un quadrant « moi et les autres » bien développé, et la plupart des sentiments sont également assez ouverts (hormis la colère, qui tend à être recouverte par un sentiment-parasite de tristesse). Le quadrant « moi et le monde » est généralement le plus limité.

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Les troubles borderline sont souvent associés à des profils irréguliers, en dents de scie. Par exemple, en ce qui concerne les émotions, il peut y avoir beaucoup de colère et peu de joie, ou bien des joies intenses mais peu durables. Le quadrant « moi et moi » est peu étendu (surtout la permission d’être soi-même). En « moi et les autres » on trouve un mélange, avec des variantes extrêmes concernant la confiance, l’appartenance, la proximité ou la possibilité d’être un enfant avec autrui. « Moi et le monde » reflète aussi ces contradictions, puisque les personnes-limites ont souvent dans leur vie des zones de réussite et de maturité jouxtant d’autres très immatures ; elles peuvent très bien utiliser leur pensée dans des situations professionnelles puis perdre toute capacité de penser et d’être adulte dans les relations intimes. Il peut être commode de subdiviser les permissions en différents sous-domaines afin de refléter ce fonctionnement fragmenté du soi.

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Naturellement, toutes ces tendances ne constituent que des généralités, l’espace ouvert est plus ou moins réduit en fonction des restrictions dictées par le scénario et l’adaptation de personnalité.

Étendre les permissions : jusqu’où et quand ?

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Je partage l’avis de Woollams [10][10] WOOLLAMS, S. J., Guérir !?, art. cité (n. 4)., selon lequel une zone qui a été très limitée pour nous ne deviendra jamais totalement permise, même à la suite d’une psychothérapie réussie. Nous augmentons notre possibilité de gérer des degrés de stress accrus, mais n’atteignons pas cette capacité optimale d’avancer sans trop remarquer les situations stressantes ou de gérer facilement des quantités de stress importantes. Je compare souvent nos blessures psychiques à leur équivalent physique : les tissus peuvent bien cicatriser, devenir solides, mais la cicatrice n’est jamais tout à fait aussi souple et vivante qu’une peau intacte. Marie-Thérèse Mertens [11][11] MERTENS, M.T., communication personnelle, 23 janvier… propose la métaphore d’un arbre. Son essence, ses racines, ses branches principales ne changeront pas. Nous pouvons le tailler, l’arroser, lui fournir de l’engrais, le soigner pour qu’il se porte bien. Mais nous n’en ferons pas un autre arbre, ni ne le transformerons en l’arbre qu’il eût été s’il avait démarré son existence avec tous les meilleurs ingrédients. Sa propre beauté bien particulière portera les traces de ses premières années, souvent des traces fort intéressantes.

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Une façon de résumer le processus de la psychothérapie serait de dire qu’il consiste à augmenter les permissions du sujet. Mais de combien peut-on les augmenter? Après une bonne vingtaine d’années de pratique, je reste incertaine sur ce point. Cela dépend probablement de la nature des circonstances ayant induit les restrictions, de leur précocité, aussi. Par exemple, si l’on songe aux injonctions, elles sont ancrées bien plus fort chez un enfant très jeune face à un parent terrifiant, furieux, ou fou. Ce serait le cas le plus difficile à bouger, sans doute. Un autre facteur aggravant se produit lorsque nos tendances naturelles, génétiques, rencontrent les zones problématiques de nos parents. Le changement peut aussi aller plus ou moins loin selon l’âge du client lorsqu’il démarre son travail de psychothérapie.

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Une chose ressort bien clairement : malgré la tentation, mieux vaut éviter de viser d’emblée les zones les plus restreintes, en se disant « Ah, je vois où se situe le principal problème ! ». Cela équivaudrait à foncer sur ce que Paul Ware [12][12] WARE, P. Types de personnalité et plan thérapeutique…appelle la « porte piégée ». S’aventurer là irait tellement à l’encontre des interdits Parentaux, ou dans un territoire si inconnu, qu’on est presque sûr, au mieux, de déclencher une forte réaction défensive. Au pire, cela peut entraîner une issue tragique, comme la décrivent Allen et Allen [13][13] ALLEN, J.R., et ALLEN, B.A., Addendum à l’article de… concernant les injonctions a proviso (comportant une clause conditionnelle). Ainsi, avec Marie, si ses progrès les plus remarquables furent acquis dans le domaine de la proximité qu’elle finit par s’autoriser avec des personnes bien choisies, cet objectif ne lui apparut qu’après plusieurs années de thérapie. Si j’avais suggéré de commencer par là, elle aurait probablement mis fin au travail avec moi. Cela lui aurait semblé hors de propos.

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Le plus souvent, les permissions les plus basses restent les plus basses, bien que la plupart augmentent, en général, au cours d’une psychothérapie. S’acharner à étendre artificiellement un domaine sous-développé m’évoque l’idée d’étirer un bout de pâte à modeler : certes, on pourra l’allonger, mais il sera fort mince. Quoi qu’il en soit, la psychothérapie n’a jamais eu pour but d’homogénéiser la population humaine, heureusement diverse ! Il n’est pas question de viser 100% de permission en tous domaines et pour tous. Nous sommes et resterons différents, et conserverons des zones plus faibles qui reflètent notre personnalité, et c‘est très bien ainsi.

Comment les permissions augmentent-elles en thérapie ?

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Bien qu’on décrive en A.T. une « transaction de permission » [14][14] CROSSMAN, P., Permission et Protection (orig. T.A.J…., à mon sens l’essentiel de ce travail se fait via la relation thérapeutique. Par exemple, si une personne a appris à ne jamais exprimer de colère (peut-être a-t-elle un driver Fais Plaisir, ou bien ses parents l’auraient fortement désapprouvée, ou encore sa culture honnit-elle de telles manifestations), il sera rarement efficace de l’encourager ainsi : « Vous avez bien le droit de vous fâcher ». La personne peut paniquer à voir ainsi nommer l’émotion interdite, elle peut aussi se replier sur elle-même, à l’abri d’un franc déni, « Me fâcher, mais pourquoi ? Je ne me sens pas du tout fâchée ». Parfois cela peut être utile d’énoncer la permission pour un usage ultérieur, même si la personne la range dans un coin de sa mémoire. Ce qui a plus de chances de rendre accessible la colère (ou tout autre domaine fermé), c’est l’interaction régulière avec une personne dont l’attitude, et parfois les paroles, expriment « Je m’intéresse à tout ce que vous pouvez ressentir, et pourquoi ».

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Ceci n’est pas sans poser un certain dilemme, pour moi. L’aspect explicite de la communication va bien avec l’approche contractuelle sur laquelle est fondée l’analyse transactionnelle, ce qui personnellement me convient bien (on nomme clairement, par exemple, « Voici ce que je suis en train de faire, êtes-vous d’accord avec cela et acceptez-vous de coopérer ? »). Cependant, l’usage d’une forme de communication plus implicite, en quelque sorte une transaction cachée, peut s’avérer plus efficace. Le thérapeute peut même sembler méconnaître ce qui se passe.

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Par exemple, si une larme perle au coin des yeux d’une personne qui a peu de permission de se montrer triste, le fait d’attirer l’attention sur cela peut la conduire à se couper de son émotion, voire à éprouver de la honte. Lankton [15][15] LANKTON, S., Psychological communication and transactional…décrit bien ce phénomène en évoquant le « niveau psychologique » dont les psychothérapeutes doivent rester conscients, sans toutefois verbaliser cette conscience. Faute de quoi, souvent, le processus se bloque, et l’Enfant court se cacher.

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Les permissions grandissent sans doute surtout au niveau inconscient, à travers le niveau non-dit de la communication. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai mis au point mes ateliers de tango et thérapie [16][16] HAWKES, L., The tango of therapy: a dancing group,…, avec le prétexte de quelques pas techniques permettant de détourner l’attention du Parent afin que l’Enfant puisse explorer à un niveau implicite.

Conséquences pour les relations et le travail

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Certaines personnes semblent attirées par des partenaires qui leur ressemblent, d’autres préfèrent des partenaires différents et complémentaires. Au-delà des explications biologiques souvent avancées (notamment en lien avec le cycle hormonal de la femme), on peut voir là soit un « choix » de confort, présentant peu de nouveauté perturbatrice, soit le « choix » de l’inconnu, le challenge. Ce dernier permet potentiellement plus de croissance, puisque l’on se trouve invité dans des territoires peu familiers. Certains semblent même espérer que, d’une façon ou d’une autre, les capacités de l’autre pourront déteindre sur nous et nous transformer. Mais si les différences sont trop grandes, ou concernent des domaines fortement frappés d’interdit, la relation risque fort de devenir impossible.

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De même, on peut être attiré par une profession, un hobby, des activités qui nous mettent au défi et nous poussent au-delà de nos limites, ou bien plutôt par ce qui nous est aisé et reste dans notre zone de confort. Je n’ai pour le moment que des hypothèses quant aux raisons de faire des choix si différents : accepter nos limites et y vivre le plus confortablement possible, ou bien se dépasser à tout prix.

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English [17][17] ENGLISH, F., Le leurre du fondamentalisme (orig. T.A.J…. offre une perspective possible avec sa théorie personnelle des pulsions [18][18] Fanita English appelle cette théorie : « Analyse des… Une personne motivée essentiellement par la pulsion de tranquillité préfèrera probablement demeurer dans ce qui lui est connu et familier. Par contre, si c’est la pulsion expressive qui est la plus active, la personne aura tendance à rechercher l’aventure, quelque déstabilisante qu’elle puisse être.

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Ceci soulève naturellement la question de savoir pourquoi un individu répondrait davantage à telle ou telle pulsion. English fait le rapprochement avec le développement de l’enfant, que l’on peut relier aux permissions acquises ou non à divers stades de l’enfance. Par exemple, la pulsion expressive nécessite de la curiosité et un sentiment de sécurité dans l’exploration d’une situation nouvelle, ce qui va avec la permission de grandir et de savoir, sur une base de sécurité relationnelle (permissions de faire confiance, d’appartenir, d’être un enfant). Cependant, j’ai connu des gens ayant grandi dans des foyers peu sécurisants, tout de même attirés par l’extérieur et l’aventure. Il doit y avoir d’autres éléments à l’œuvre, par exemple une prédisposition génétique.

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En termes simples, mises à part les inclinations personnelles, tout est largement une question de degré : il est utile de se mettre un peu au défi, mais un défi trop impressionnant risque plutôt de renforcer l’interdit. L’Enfant prend peur, ou bien le Parent réagit sévèrement à une telle transgression. Ou encore, lorsqu’elles se trouvent incapables de relever ledit défi, les personnes finissent par se critiquer, se reprochant leur incapacité à affronter facilement de nouvelles situations, à assumer de nouvelles façons d’être ; elles se retrouvent parfois plus honteuses et renfermées qu’auparavant.

Conclusion

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La roue des permissions offre une façon élégante de représenter graphiquement les permissions et de résumer « l’enclos scénarique » d’une personne. Elle reste ouverte à de nombreuses possibilités, permettant aux utilisateurs de l’adapter à leurs propres besoins. Dans l’esprit d’ouverture de Gysa Jaoui, le thérapeute peut faire du « sur mesure », inclure les permissions qu’il trouve les plus pertinentes, ou celles qui semblent le mieux décrire un individu donné.

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Il n’est pas obligatoire de toujours travailler avec le schéma de la roue. Personnellement, je songe souvent aux restrictions affectant un client, ainsi qu’à ses points forts, en imaginant simplement les quadrants les plus grands ou les plus petits. L’outil est dans la tête, enregistré mais souple et maniable.

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Toutefois, il est intéressant de remplir un schéma de roue avec un client, à différents moments de la thérapie ; notamment dans les dernières séances, si la personne souhaite se représenter ce qu’elle a accompli. Chaque fois que j’ai eu l’occasion d’exposer l’idée de la roue à d’autres thérapeutes, ils se sont montrés enthousiastes à propos de cet outil simple et néanmoins sophistiqué.

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Gysa Jaoui enseignait ce matériel généreusement, distribuant son schéma aux collègues et aux personnes en formation, sans cependant s’attendre à les voir suivre ses idées à la lettre. Son but fut toujours d’ouvrir la pensée, tout comme la roue des permissions symbolise l’ouverture possible des différents domaines de l’existence.

 

Notes et références

[*]

Traduit et reproduit avec l’autorisation de l’auteur et de l’I.T.A.A. Paru dans le T.A.J., 37, 3, 2007, pp. 210-217 : « The Permission wheel ». © I.T.A.A. (tous doits réservés).

[1]

GOULDING, R.L. et GOULDING, M.E., Messages inhibiteurs, décisions et redécisions, A.A.T., 2, 1977, pp. 62-69. C.A.T., 2, pp. 20-27.

[2]

ALLEN, J.R., et ALLEN, B.A., Scénarios, le rôle de la Permission (orig. T.A.J. 1972), A.A.T., 2, 1977, pp. 57-59. C.A.T., 2, pp. 87-89. BOYCE, M.H., Douze permissions (orig. 1978), A.A.T., 13, 1980, pp. 45-47. C.A.T., 2, pp. 90-92. JAOUI, G., La treizième injonction, A.A.T., 14, 1980, pp. 74-75. C.A.T., 2, pp. 79-80.

[3]

JAOUI, G., Les permissions et injonctions, dans : Le triple moi, Paris, Robert Laffont, 1979, pp. 184-192.

[4]

WOOLLAMS, S. J., Guérir !?, A.A.T., 16, 1980, pp. 160-162. C.A.T., 2, pp. 234-26.

[5]

GOULDING, art. cité (n. 1).

[6]

JAOUI, G., Les permissions en A.T., séminaire de Gysa Jaoui, Paris, 1988.

[7]

BOLLAS, C., Les forces de la destinée (orig. 1989), Paris, Calmann Lévy, 1996.

[8]

JAOUI, G. (1980), La treizième injonction, art. cité (n. 2).

[9]

Ibid.

[10]

WOOLLAMS, S. J., Guérir !?, art. cité (n. 4).

[11]

MERTENS, M.T., communication personnelle, 23 janvier 2006.

[12]

WARE, P. Types de personnalité et plan thérapeutique (orig. T.A.J. 1982), A.A.T., 28, 1983, pp. 156-165. C.A.T., 4, pp. 264-273.

[13]

ALLEN, J.R., et ALLEN, B.A., Addendum à l’article de 1972 « Scripts, the role of permission », publié sur le site www.itaa-net.org/TAJNet/articles/allen-scripts-addendum.html.

[14]

CROSSMAN, P., Permission et Protection (orig. T.A.J. 1966), A.A.T., 2, 1977, pp. 51-53, (Cf. A.A.T. 104 p. 181). C.A.T., 2, pp. 81-83. CROSSMAN, P. (2002), Lettre à la rédaction, The Script, 5, 5. STEINER, C., A quoi jouent les alcooliques, Epi, collection Hommes et groupes, 1991.

[15]

LANKTON, S., Psychological communication and transactional analysis, The Script, 35 (9), 2005, pp. 1-6.

[16]

HAWKES, L., The tango of therapy: a dancing group, T.A.J., 33, 2003, pp. 288-301.

[17]

ENGLISH, F., Le leurre du fondamentalisme (orig. T.A.J. 1996), A.A.T., 91, 1999, pp. 109-116.

[18]

Fanita English appelle cette théorie : « Analyse des Modèles Existentiels »

 

Résumé

Français

Dans les années 1980, Gysa Jaoui, une des grandes figures de l’analyse transactionnelle en France, mit au point un schéma qui permettait de résumer avec une élégante simplicité les principales ouvertures et limitations présentes dans le scénario d’un individu. Elle l’appela « la roue des permissions », « roue » en raison de sa forme circulaire, et « permissions » car cette nouvelle grille porte sur la liberté plus ou moins grande que nous autorisent nos permissions dans différents domaines de la vie.
Cet article décrit les concepts sous-jacents au schéma ainsi que la façon d’utiliser ce dernier, pour comprendre les clients et contribuer au plan de traitement.

 

Plan de l’article

  1. Comment marche la roue des permissions ?
  2. Comment se présente la roue des permissions ?
  3. Un exemple
    1. « Moi et le monde »
    2. « Moi et moi »
    3. « Moi et les émotions »
    4. « Moi et les autres »
  4. Des types de profils
  5. Étendre les permissions : jusqu’où et quand ?
  6. Comment les permissions augmentent-elles en thérapie ?
  7. Conséquences pour les relations et le travail
  8. Conclusion

 

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Le life coaching

« life coaching – coaching de vie – coaching personnel – coaching en développement personnel »

« Le coaching est tout simplement une démarche complète d’accompagnement tenant compte de la richesse et de la profondeur de toutes les facettes de l’être humain. Le but du coaching est tout à fait concret. Il se centre sur les objectifs et autres ambitions mesurables des clients et les accompagne dans le développement de leur potentiel. » Alain Cardon

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La nature et moi

La Nature stimule, éveille ou réveille, par le bruit, par les odeurs, par le toucher, par la lumière ou les couleurs.

J’ai eu la chance de vivre une experience professionnelle d’une quinzaine d’années comme forestier dans le département de la Savoie.

Le souvenir de ces journées passées dans la générosité et la beauté de la nature reste pour moi inoubliable.

Cette partie de ma vie a fortement contribué à faire de moi qui je suis aujourd’hui.

Vivre au  contact de la nature, c’est se sentir appartenir à un Tout.

Se retrouver plonger au cœur de la Nature a une incidence sur le corps, sur l’être dans son ensemble. Si elle représente un lieu pour se ressourcer ou pour fuir, un lieu de méditation ou un lieu de repos, elle agit au plus profond de l’être, dans le domaine des perceptions, des sensations, puis des représentations et du vécu.

Je souhaitais donc juste partager avec vous, un texte d’une justesse incroyable, en espérant qu’il accompagne cette prise de conscience.


Retrouver la simple présence et l’émerveillement au contact de la nature

La nature est une invitation merveilleuse à l’investigation intérieure et à la connaissance profonde de soi, indispensables au chemin spirituel. Naturellement silencieuse, immobile, sans demande, elle offre la possibilité d’accéder à notre propre silence et à la tranquillité qui sont deux aspects de nous-mêmes qui se dévoilent lorsque nous touchons la simple et profonde présence à l’instant. Dans l’instant, espace vide, tout peut advenir. Dans l’instant, posé en nous-même, dans cet espace d’ « être » que nous sommes, nous pouvons expérimenter une profonde tranquillité, la simple joie d’être en vie, l’amour et l’intimité avec toute chose, le silence et l’émerveillement.

Le chemin intérieur est un chemin non pas de développement de soi mais de dé-construction totale de soi, de nos croyances à propos de qui nous sommes, de nos fonctionnements et de nos pensées qui voilent notre vérité la plus intime, le secret le mieux gardé, celui d’une conscience une et indivise qui habite toute la création dont nous-même.
Le chemin consiste donc à apprendre à voir au delà des apparences et de l’évidence. A apprendre à regarder vraiment, à nous observer nous-même vivre et agir. Dans cette observation fine, par notre seul regard, peu à peu nous allons nous dénuder et toucher à un vécu de plus en plus direct avec la vie. Peu à peu il n’y aura plus moi qui vit la vie, mais la vie qui se vit en moi librement.

La nature est un lieu privilégié pour pratiquer cette pleine conscience de soi et du monde, car elle est très confrontante : imperturbablement, le calme de la nature vient mettre à jour notre bruit intérieur incessant. Nous venons y chercher la tranquillité, et c’est notre agitation qu’elle révèle. Nous venons nous y ressourcer, y trouver le repos, et elle révèle notre solitude, notre peur de perdre le contrôle dès que nous quittons le monde, nos émotions refoulées et nos blessures profondes.
Or, pour trouver le silence et la tranquillité, il est indispensable de voir notre agitation mentale et émotionnelle, de voir que notre attention, cette conscience claire à partir de laquelle nous percevons le monde, plutôt que de se reposer en elle-même, est constamment happée par la pensée et par les attractions de nos vies surchargées.

Par la simple pratique avec un arbre, je vous propose ici d’expérimenter une façon simple et accessible de retrouver le vécu direct, spontané et libre de l’enfance, ainsi que votre capacité innée d’émerveillement.
Alors entrez profondément dans la forêt.

Prenez un arbre,
Regardez le,
Voyez que déjà vous le nommez,
Essayez de le regarder sans le nommer,
Retirez ce nom d’arbre qui déjà réduit l’expérience,
Et pose un voile subtile sur votre perception.

Puis ressentez.
Ressentez ce qui se joue en vous
Lorsque vous regardez l’arbre,
Détendez votre regard,
Détendez vous,
Goutez cet instant d’observation.

Peu à peu vous allez prendre conscience des très subtils filtres et mécanismes qui se mettent en marche au simple fait de regarder un arbre.
Vous allez découvrir que votre regard sur le monde n’est jamais direct.
Quand je vous dis ça, je vous vois déjà essayer de regarder directement !
Nous essayons trop de faire, de transformer la réalité et en prendre conscience est un pas important et nécessaire.

On ne peut vivre l’expérience direct avec un arbre (ou avec tout autre objet, personne ou expérience) que lorsque l’on cesse tout commentaire, tout jugement, toute tentative de percevoir quelque chose en particulier.
Car le mental, par ses mots, ses concepts, ses comparaisons, ses croyances,
Crée le sentiment et la croyance d’une séparation.

I

Nommer les choses est le premier des commentaires, le plus subtil car souvent nous ne nous rendons même plus compte que nous nommons.
Mais voyez aussi que subtilement votre mental compare l’arbre, le soupèse, le mesure, à l’aune de vos expériences passées, de nos souvenirs, de vos attentes.
Vous savez trop que c’est un arbre, il faut oublier votre savoir.

Reposez-vous simplement en vous-même.
Que se passe-t-il lorsque
Vous regardez l’arbre sans mots pour le décrire ?
Que vous acceptez l’espace d’un instant
De n’être plus qu’un regard, une conscience nue qui perçoit ?

Lorsque l’on cesse de nommer, de commenter l’expérience vécue quelle qu’elle soit,
Il devient possible de vivre une expérience directe avec le vécu de l’instant.
Et cela peut advenir car il n’y a plus que l’instant,
Pure présence sans devenir,
Sans mémoire,
Juste un regard dénudé de tout concept, attentes, stratégies.

Alors, face à l’arbre,
Il n’y a plus qu’un étonnement,
Et dans ce vécu direct,
Une sensation extraordinaire de clarté et d’intimité.
L’arbre disparait en tant qu’objet séparé de vous-même,
La sensation de séparation disparait.
Ne reste plus qu’un instant au sein duquel tout peut émerger : l’émerveillement, le silence, la tranquillité, l’amour, la joie, la fraicheur, l’étonnement…
Il n’y a plus quelqu’un qui s’émerveille face à un arbre,
Il n’y a plus vous,
Il n’y a plus l’arbre,
Il n’y a plus que l’émerveillement.

Article paru dans la revue Présence n°3, mai 2016 – ​http://revuepresence-leblog.com

Ma vision du Bonheur

Trouver le bonheur… Trouver la paix intérieure… Un vaste sujet qui a été traité par de nombreuses personnes.

On voit de tout à ce sujet. Tant de personnes sont à sa recherche et si peu arrivent à le toucher du doigt. Pourquoi en est-il ainsi ?

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Danse avec la vie !

Danser sa vie, c’est se placer au cœur des choses, au point de jaillissement d’un futur en train de naître et participer à son invention.

Danser sa vie, ne serait-ce pas d’abord prendre conscience que non seulement la vie, mais l’univers est une danse, et se sentir pénétré et fécondé par ce flot du mouvement, du rythme et du tout ?

Roger Garaudy (écrivain français, 1913  )


Danser, c’est lutter contre tout ce qui retient, tout ce qui enfonce, tout ce qui pèse et alourdit, c’est découvrir avec son corps l’essence, l’âme de la vie, c’est entrer en contact physique avec la liberté.

Jean -Louis Barrault (acteur français, 1910 – 1994)


Le chanteur entend sa voix. Le peintre voit son tableau. Le poète lit ses vers. Le musicien écoute. Le danseur ne crée rien en dehors de lui. Rien qu’il puisse se mettre sous les sens pour se satisfaire ou tout au moins se calmer. Le danseur ne crée que lui-même. La sage danse. Mais la danse est la plus efficace manière de créer le sage.

Georges Pomiès (1920-1970)


Quand tu danses… tu sors de toi-même, tu deviens plus grand et plus puissant, plus beau. Pendant quelques minutes, tu es héroïque. C’est la puissance. C’est la gloire sur terre. Et cela t’appartient, chaque soir.

Agnes de Mille (1905 – 1993)


La danse est une façon de vivre, la danse est le rythme de la vie.

Samuel Lewis (maître Sufi et professeur de Zen, 1896 – 1971)


Danser est le fin mot de vivre et c’est par danser aussi soi-même qu’on peut seulement connaître quoi que ce soit: il faut s’approcher en dansant.

Jean Dubuffet (danseur chorégraphe américain, 1900 – 1985)


La danse est le plus sublime, le plus émouvant, le plus beau de tous les arts, parce qu’elle n’est pas une simple traduction ou abstraction de la vie ; c’est la vie elle-même.
(extrait de La Danse de la vie)

Henry Havelock Ellis (auteur anglais, 1859 – 1939)


L’état de danse : une sorte d’ivresse, qui va de la lenteur au délire, d’une sorte d’abandon mystique à une sorte de fureur.

Paul Valéry (écrivain français, 1871 – 1945)


Le ddanseur, cet être qui enfante, qui émet du plus profond de lui-même cette belle suite de transformations de sa forme dans l’espace.

La danse est celle de nos fonctions qu’on peut le plus évidemment qualifier de divine. Elle est la messe de tous les peuples primitifs et peut être un hommage instinctif… à l’ordre de l’univers

Élie Faure (Historien de l’art français, – 1873)


La vie est comme une danse, elle dure peu de temps. Je crois qu’il faut être deux pour en saisir le tempo et en apprécier la mélodie. On ne goûte vraiment que ce que l’on partage. Le reste est sans valeur.

(Gilles Legardinier)

 


La danse est l’une des formes les plus parfaites de communication avec l’intelligence infinie.
(Paulo Coelho)

Danse et acceptation

Danse avec la vie

Danse avec la vie

Danser avec la vie, c’est le « laisser être », c’est l’acceptation inconditionnelle de ce qui est dans l’instant présent !

Cette acceptation apporte la légèreté indispensable à la danse.

Bien que le terme de « lâcher prise » soit très largement utilisé actuellement, il semblerait qu’il y ait autour de ce concept beaucoup de malentendus et de connotations négatives.

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Liens de centres et d’enseignants :

Site de l’ADM, l’Association pour le Développement de la Mindfulness dans les pays de langue francophone
Créée en 2009, l’ADM, regroupe des instructeurs de mindfulness, en thérapie cognitive (MBCT) et en réduction du stress (MBSR), pour diffuser la mindfulness en France, en Suisse et en Belgique.
www.association-mindfulness.org

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Mindfulness et trauma

Si nous voulons comprendre ce qu’est un traumatisme, nous devons nous pencher sur les neurosciences. La recherche en neurosciences a produit une découverte intéressante: la partie rationnelle du cerveau n’a pas de connexions directe avec la partie du cerveau qui est sous l’influence des réactions émotionnelles. Cette partie du cerveau est le cerveau limbique, primitif ou animal qui focalise uniquement sur la survie.

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Introduction à la résilience par Anaut Marie

Dans le champ de la clinique et des soins, les apports de la résilience et des facteurs de protection peuvent être analysés à partir de leurs convergences, de leurs complémentarités mais aussi de leurs différences face aux modèles devenus classiques de la prise en compte des facteurs de risque et de la vulnérabilité des personnes.

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Qu’est-ce que la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) ?

La thérapie d’acceptation et d’engagement (Acceptance and Commitment Therapy, ACT), développée par le psychologue américain Steven C. Hayes et ses collègues, appartient au courant de la thérapie cognitive et comportementale. Plus précisément, elle figure parmi les thérapies récentes dites contextuelles, aussi appelées thérapies de troisième vague.

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Qu’est-ce qu’être tuteur de résilience ?

“Si vous ne pouvez pas changer une situation qui vous fait du mal, vous pouvez toujours choisir l’attitude avec laquelle vous allez l’affronter.”
-Viktor Frankl-

La résilience peut s’apprendre, ce n’est pas un trait de la personnalité qui ne serait présent que chez quelques êtres humains, et pas chez d’autres.

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De la souffrance peut naître le meilleur

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Un gros drame, une configuration familiale traumatisante, un choc émotionnel, une histoire personnelle déstabilisante…

Lorsque l’on nous raconte la vie des autres, on se dit : « Ce n’est pas possible, comment peut-on se relever  d’un truc pareil ? Moi, à sa place, j’aurais sombré ! » Et pourtant, l’être humain peut se remettre des pires situations.

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Pour être heureux, il faut avoir souffert

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Le bonheur et le malheur ne s’opposent pas, mais se complètent comme le jour et la nuit. L’inverse de leur indissociable couplage est la mort affective, l’indifférence. Attachement et amour ne peuvent se développer que si nous avons connu la souffrance et le retour à la sécurité. La neurologie cognitive n’a qu’une vingtaine d’années, et déjà ses découvertes se comptent par milliers, dont Boris Cyrulnik vulgarise génialement les paradoxes.

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Cessez de relativiser la souffrance

Chaque année en France, près de 10 500 personnes meurent par suicide, ce qui représente près de trois fois plus que les décès par accidents de la circulation. Le suicide est la 1ère cause de mortalité des 25-34 ans (20 % du total des décès dans cette tranche d’âge) et la 2ème cause (après les accidents de la circulation) chez les 15-24 ans (16,3 % du total des décès).Face à ces données, voici le scoop du jour : si la souffrance s’évaluait sur une échelle matérielle (liée au confort de vie) la France ne se situerait pas dans le groupe des pays européens à taux élevés de suicide !!

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La souffrance

La souffrance

s-img-126952881dd….. Il faut comprendre et ne pas refuser le chagrin. Le refuser c’est donner de la continuité à la souffrance ; le refuser c’est échapper à la souffrance. Pour comprendre la souffrance, il faut l’aborder directement, comme une expérience que vous faites, sans chercher à trouver un résultat déterminé.

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Le processus d’individuation selon Jung « Les âges de la vie »

Les âges de la vie

1506675_10153450672429137_8277675320622940157_nNous pouvons tous suivre le chemin qui nous conduit à la découverte de soi, et ce parcours est jalonné de questions et d’étapes. Certains d’entre nous se posent ces questions très jeunes, souvent à la suite de souffrances et de drames, mais pour la plupart d’entre nous, ces interrogations arrivent à des âges charnières. Voici un extrait d’une conférence de Christiane Singer, citée dans l’émission les racines du ciel. Ces moments de passage sont illustrés par un conte soufi (on retrouve beaucoup de contes soufis en illustration du développement personnel, et ils sont très justes).

Le monde est ce lieu d’alliance où se célèbre la rencontre des antonymes, où le feu et la glace, le doux et l’amer, le jour et la nuit, la fête et le deuil, la vie et la mort, l’homme et la femme, fêtent ensemble leurs arcanes. Beaucoup le soupçonnent déjà : cette révolution dont il est question ici se joue en chacun de nous. Il ne s’agit pas d’un phénomène de masse qui transforme la vie de chacun mais  d’une transformation  de la conscience qui à partir de chacun de nous rayonnera sur le monde qui nous entoure. Je ne résiste pas au plaisir de raconter une merveilleuse histoire de la tradition soufie.

12109044_1547890265497113_6951867068889807939_n« Un vieil homme sage est interrogé sur la trajectoire de son existence jusqu’à ce jour. Et voilà comment il en résume les trois étapes :

A 20 ans, je n’avais qu’une prière : « Mon Dieu, aide-moi à changer ce monde si insoutenable, si impitoyable. » Et 20 ans durant je me suis battu comme un fauve pour constater en fin de compte que rien n’avait changé.

A 40 ans, je n’avais qu’une seule prière : » Mon Dieu aide-moi à changer ma femme, mes parents et mes enfants. » Pendant 20 ans, j’ai lutté comme un fauve pour constater en fin de compte que rien n’avait changé.

Maintenant, je suis un vieil homme et je n’ai qu’une prière : « Mon Dieu, aide-moi à me changer. » Et voilà que le monde change autour de moi. »

Et, ajoute Christiane Singer, pas de malentendu : ce n’est pas d’un renoncement à l’action qu’il s’agit mais bien au contraire, d’une action neuve dans un esprit libre, libéré des scories de la puissance, du vouloir paraître, des vanités individuelles, des rivalités et règlements de comptes. Une action libre, dans la joie de servir.

« J’ai beaucoup fait, disait Platon, si je réussis à animer en celui qui m’écoute le souvenir de ce qu’il sait déjà. » ». 

-Étape 1

7b6576b33de263374427688d1306c7a7Se rendre compte que l’ « on » n’est pas « tout ». Seul l’être qui n’est pas prisonnier de sa
persona, ni esclave dogmatique « de la vérité et des traditions » réunit les conditions pour entamer le processus de dépossession et peut « s’ouvrir » par désidentification. Il faut être capable de dire:  » Je ne suis pas celui que je croyais être jusqu’à maintenant, je ne suis pas celui que j’appelle être moi, je ne suis ni mes projets, ni l’image que les autres et moi-même ont de moi, je suis un inconnu et je me cherche ». Cela revient à se détacher des structures conventionnelles de la persona, ce qui entraîne une certaine insécurité car il n’y a plus les repères « habituels » de la persona, d’où une certaine dépersonnalisation et une désorientation certaine.
La technique, le « véhicule » qui va révéler l’inconnu à l’individu qui a commencé le processus, est l’étude des rêves et de l’imagination libre. Il pourra réaliser le mouvement régressif indispensable et rebondir vers le mouvement progressif.

-Étape 2

065Ayant cessé de placer le centre de ses motivations dans la « reconnaissance sociale » et les systèmes conventionnels, en acceptant ce qui est contraire à son système de valeurs, sans pour autant se retourner contre son système, l’individu commence à découvrir ses propres qualités négatives.
Elles apparaissent comme des insuffisances de caractère. Si l’individu ne prend à leur égard aucune attitude justificatrice et ne se laisse pas aveugler en s’excusant ou en accusant l’environnement extérieur (mauvaise éducation reçue, despotisme parental, habitudes,…), ses fautes s’éclaircissent.
Si l’individu ne prend aucune attitude de refus ou d’auto-justification, ces aspects négatifs se manifestent au cours de rêves et parlent de cette autre face (le côté obscure de la force…) jusqu’à ce qu’au fil des séances de psychothérapie, la personne découvre qu’elle possède ces mauvais côtés. Ce processus d’assimilation de l’ombre peut laisser apparaître des comportements « condamnables » -par la morale sociale -, lorsque le niveau de conscience baisse par fatigue ou sous l’effet de médicaments.
À la fin de cette étape, l’individu a beaucoup changé: il ne juge plus autrui, il devient plus compréhensif, plus fraternel avec le misérable, s’approfondit s’il était superficiel, et s’impartialise, s’il était partisan. Son moi s’est déplacé vers une position où le bien et le mal sont relativisés, et où le grave défaut de l’autre est vécu comme un défaut personnel.
La personne a dépassé le dogmatisme moral ou anti-moral.

-Étape 3

12670351_266087440400334_6982579355420120626_nC’est la confrontation à l’archétype sexuel (anima, animus). C’est après avoir assimilé l’ombre que les images de l’anima/ animus acquièrent leur plus grande intensité. Le moi, évitant la grande perte d’énergie liée à la répression des pulsions négatives ou inhabituelles de l’ombre, acquiert plus de force et peut alors se confronter au collectif. C’est le début d’une INITIATION: le dépassement de la dualité que la personne traînait depuis son enfance, du fait de la relation à sa mère.

Dans le cas de l’homme: lorsqu’il réalise le symbolisme de l’initiation au travers de rêves, surgit devant lui la femme-animal, l’anima sous la forme du féminin excitant, dans toute sa force douce, mais atroce. Le sujet vit, peu à peu, des changements d’humeur brusques. Dans son imagination jaillissent des imagos très vivantes. Si l’individu est la proie d’une grande exaltation, assortie de présages bons ou mauvais, il doit parler à l’anima et lui demander ce qu’elle cherche. Il n’appartient pas au sujet de répondre. La réponse doit venir seule, que ce soit en images, en rêves ou en faits. S’il s’agit d’images spontanées, il doit intervenir, être actif. Pour entendre la réponse, il doit faire le vide mental, rester disponible. L’anima se vide peu à peu de ses contenus, ses symboles porteurs d’énergie se transfèrent au moi

Dans le cas de la femme: ce qui se passe est à peu près semblable. Quand elle parvient à découvrir l’influence de l’animus sur ses opinions bien arrêtées, elle parvient aussi à le vider de son contenu et son moi accumule l’énergie véhiculée par les symboles du masculin intérieur.

Alors le moi cesse de s’identifier au sexe. L’archétype perd son pouvoir de fascination et il se transforme en véhicule d’inspiration et de créativité. Connaissance et sentiment s’harmonisent, vient la tempérance: l’homme n’est plus jamais fasciné par aucune femme et la femme n’est plus jamais fascinée par une idéologie. La personne n’est plus capable de « tomber » amoureuse, car elle ne peut plus « se perdre » dans l’autre, mais elle est capable d’éprouver un amour très profond, car elle reconnaît sa/ son partenaire en tant qu’autre individu. (Cependant cet état porte en soi la solitude de l’être humain libéré – Yolande. Jacobi)

-Étape 4

1779230_10152210969769137_1074380198_nC’est la rencontre de l’archétype « lumière ». Le processus d’intégration de l’anima/ animus s’achevant, des imagos de ceux-ci apparaissent, correspondant à des animaux représentant les profondeurs de la Terre Mère (reptiles, poissons); le serpent est la figue symbolique de l’archétype sexuel. Si l’animus et l’anima finissent par se transformer en messagers de la profondeur de la psyché, leur symbole (le serpent) est une représentation de la médiation entre la Terre et le Ciel. La rencontre avec l’archétype « lumière », qui est donc précédée de ces symboles telluriques (symboles de la transcendance, dixit Jung) donne naissance à des imagos opposées, aériennes (oiseaux).
L’archétype sexuel était « infernal » ( de « inférieur », du « monde d’en bas ») et lié à la vie; maintenant apparaît le ciel que notre culture considère comme l’endroit où montent les morts (les esprits). Des imagos exprimant « le voyage solitaire » avertissent d’une mort symbolique, non physique. L’individu doit affronter le pouvoir en soi.. La première tentation est que le moi, ayant survécu à l’antithèse de l’autre sexe, tombe dans le piège de s’identifier au pouvoir transcendant. Les images apportent des signes de l’incommensurable (aigles géants, cétacés, volcans, soleils irradiants, apocalypses), toute image suggérant une omnipotence et une omniprésence. Ici il y a une alternative: le recul ou l’affrontement.

Le recul :
13095760_1601080706844735_3834768433951488822_nLe sujet, devant les présages menaçant de ces symboles, abandonne le processus d’individuation, et libère l’individualité de la psyché collective par un rétablissement de la persona, en se « cramponnant » au monde du dehors. Une nécessité externe va remplacer la nécessité interne. Mais cette possibilité est réservée à ceux qui ressentent un attachement profond à la terre, dans le silence du transcendant qui sous de multiples formes exerce son pouvoir. Les autres ne pourront pas reculer, car la sortie vers la vie simple leur sera fermée à jamais, ils seront obligés d’affronter…

L’affrontement :
13096188_279242712418140_2001163517123400792_nLa personne qui se trouve à cette étape est en grave danger d’être « dévorée » par l’archétype « lumière »: si elle cède à la tentation de s’identifier, elle se sentira détentrice du pouvoir suprême et tombera alors dans la psychose (en se prenant pour Dieu ou un prophète ou un disciple d’un prophète imaginaire). Jung a donné à ces états le nom d’ « inflation psychique », car ils indiquent une extension de la personnalité au-delà des limites individuelles. Cette situation psychique pathologique dans laquelle se trouve l’ego identifié à et possédé par l’archétype « lumière » est appelée personnalité – mana ( mana: pouvoir magique transférable). Seule solution: faire acte d’humilité, avoir un travail utile qui l’accrochera à la terre (humilité provient du latin humus = terre). Si cette humilité est acquise, le moi ne se gonfle pas de pouvoir et il survient, du fait du renoncement, une transformation totale: un mystérieux archétype latent s’active; l’archétype « Selbst », le Soi.

Et ENFIN le Selbst, le Soi

profilC’est le but du processus d’individuation. après les 4 étapes qui viennent d’être décrites, une nouvelle situation apparaît: la partie obscure (l’ombre) est devenue consciente. Le sexuel contraire (anima/ animus) s’est différencié en nous. Notre relation avec l’esprit (l’archétype « lumière ») s’est faite claire, l’orgueil de la personnalité – mana a été dépassé. C’est la prise de conscience à leur égard, et le fait de se libérer de leurs contenus symboliques autonomes – en les restituant dans la conscience et en renonçant à s’approprier le pouvoir (énergie) ainsi dégagé – qui font que le danger disparaît de lui même.

Une fois la personnalité- mana dissoute, toutes les structures de l’individu – sur le point de se dissocier, puisque le moi n’a plus de centre fixe et ne s’identifie plus à elles – commencent à se réorganiser. Cela nécessite une énergie semblable à l’énergie immanente de la nature et qui attire comme un aimant les éléments matériels pour les enfermer peu à peu dans des « cellules de cristal » (Psychologie et Alchimie, CG. Jung). C’est l’archétype cosmique qui ordonne les corpuscules géométriquement et harmonieusement.

imagesC’est une manière totalement nouvelle et différente de rencontrer notre propre être. Si l’on veut caractériser cette « sensation » de la relation entre le moi et le Soi, il faut recourir à des analogies: « le moi individué se sent comme l’objet d’un sujet inconnu et super ordonné, comme le langage par rapport à l’intelligence, ou comme la relation entre le soleil et la terre (on ne peut pas les confondre, ni les séparer, sinon il n’y aurait ni l’expérience de la terre, ni celle du soleil). Ici arrive l’idée du divin. Jung sait qu’une telle notion sort des limites de l’intellectuel et de l’empirique, mais il l’accepte pour représenter la manière singulière de la vivre, et malgré toutes les critiques des empiristes et des rationalistes, il ose appeler le Soi « Dieu en nous ».
Le Selbst marque l’ultime étape du difficile chemin de l’individuation. Après les nombreuses régressions indispensables aux progressions, le Selbst est la progression parvenue à terme, la formation de soi.

Cette rénovation est un état subjectif, la conscience étroite et partiale du moi – persona se transforme en une conscience amplifiée dont la fonction est liée à l’objet, au monde extérieur, et qui place l’individu dans une relation indissoluble à eux.

a11d35a20cf6258d0f059e13ec14b5d0Ce nouvel état est invisible aux autres, seuls ceux qui y sont parvenus aussi peuvent le déceler. L’homme individué ne s’émeut pas devant les événements. Il n’est affecté que sur des plans inférieurs de son être, il demeure impassible devant des incidents très agréables ou désagréables. Il est parfois poussé vers des tâches très spéciales; il les réalise, car des forces lui permettent de nager à contre courant des valeurs collectives, elles surgissent du Soi. Il lui sera même souvent impossible de faire « ce qu’il aimerait faire » pour satisfaire les gens qu’il aime, car il lui est aussi impossible de réaliser ce que ces personnes aimeraient qu’il fasse.
Sa position dans le cosmos a changé radicalement, son nouveau centre de gravité le fait vivre en fraternité mystérieuse avec les animaux, les dieux, les cristaux, les astres, sans admiration, ni réprobation, ni orgueil.

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Les Racines du Ciel : Le processus d’individuation avec Christophe Fauré (21.04.2013)

Christophe Fauré, psychiatre et psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement du deuil et de la fin de vie. Il exerce en pratique libérale à Paris. Il est auteur de plusieurs ouvrages chez Albin Michel, dont « Vivre le deuil au jour le jour », pour lequel nous vous avions reçu, « Vivre ensemble la maladie d’un proche » et nous vous recevons pour « Maintenant ou jamais – la Transition du Milieu de la Vie.»

Accueillir une émotion…

2048x1536-fit_scientifiques-mene-etude-vie-apres-mort« Je ne suis ni une émotion « négative » ni une émotion “positive” :

je suis ton émotion du moment.

Je suis cette vague qui parcourt ton corps, te serre et t’étreint.

Je suis ton émotion. Je suis là car j’ai un message pour toi.

Ne m’écoute pas pour que je disparaisse, pour que je change.

Ecoute-moi tout simplement.

Quand tu m’écoutes n’attends pas que je change.

Ecoute-moi tout doucement.

Je suis ton émotion.

Il se peut que ça fasse mal, que ça brûle, que ça serre.

Mais ce qui compte vraiment, ce que j’aimerais que tu entendes, c’est que j’ai un cadeau pour toi.

Je suis à la mesure de ta soif de vivre, de tes aspirations, du monde dans lequel tu aspires à vivre.

Je suis à la mesure de l’intensité de ton rêve.

Je suis comme la mer quand elle reflète le ciel ou quand elle reflète ton visage.

Ecoute-moi ou plutôt à travers moi écoute le cadeau que tu es d’avoir soif, d’être habité par ce torrent de vie qui veut jaillir à travers toi.

Ecoute-toi et écoute ce que tu aspires à vivre à partir de maintenant.

Et je me calmerai tout simplement quand tu auras rencontré ce qui est beau, vivant et vibrant en toi.

Car je ne demeure jamais la même, je bouge, je change, j’évolue.

Signé : Ton émotion du moment…

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Françoise Keller Formatrice certifiée du Centre pour la Communication Non Violente

La cithare du bonheur

bv000007Il y avait un homme droit et sincère qui cherchait la voie du bonheur & de la vérité. Il alla donc trouver un vénérable maître soufi dont on lui avait assuré qu’il pourrait lui indiquer cette voie.

Celui-ci l’accueillit aimablement et, après lui avoir servi le thé à la menthe, lui révéla l’itinéraire tant attendu : « C’est loin d’ici, mais tu ne peux te tromper : au centre du village que je t’ai décrit, tu trouveras 3 échoppes. Là te sera révélé le secret du bonheur et de la vérité. »

La route fut longue. Le chercheur d’absolu passa maints cols et rivières, jusqu’à ce qu’enfin, il arrive en vue du village dont son coeur lui dit : « C’est là le lieu ! Oui, c’est là ! »

Hélas, les 3 boutiques vendaient, l’une, du fil de fer, l’autre, des morceaux de bois et la 3ème, des pièces de métal. Découragé, notre chercheur de vérité ressortit du village et marcha jusqu’à une clairière voisine pour se reposer et réfléchir.

La nuit venait de tomber et la lune baignait la clairière d’une douce lumière. Soudain, une belle mélodie se fit entendre. L’homme se releva et s’avança en direction du musicien.

A sa grande surprise, il découvrit que l’instrument qui émettait ces sons célestes était une cithare faite de morceaux de bois, des pièces de métal et des fils d’acier qu’il venait de voir en vente dans les échoppes du village.

A cet instant, il connut l’éveil ; il comprit que le bonheur est fait de la synthèse de tout ce qui nous est déjà donné, mais que notre tâche est d’assembler tous ces éléments dans l’harmonie.

A nous de savoir assembler les morceaux épars qu’on trouve sur notre route, pour en construire l’harmonie et le bonheur…

Conte soufi